L’idole des vieux

Dans la société moderne la figure iconique de la star, et les phénomènes d’exploitation de la célébrité ont eu leurs moments de gloire grâce à l’industrie. Films et disques, étaient des objets supports d’icônes dont les moyens déployés pour vendre ses produits culturels étaient à l’échelle du monde. La jeunesse et son pouvoir d’achat naissant dans les années 1950 fut la première cible pour l’industrie culturelle, notamment aux États-Unis. Elvis Presley, Marylin Monroe pour ne citer qu’eux, furent les pionniers d’une longue liste d’icônes, que la jeunesse pouvait tranquillement adorer après en avoir acheté un morceau représentatif en vinyle, plastique ou papier.

Il est question ici de la création du modèle, que les gens se donnent pour façonner leur propre identité (ressembler à la star), ou leur œuvre (imiter ce que fait la star). Cela est mû par l’envie d’une classe sociale de se réaliser comme une autre classe, dominante au sein de la population selon Gabriel Tarde.

Les stars existent toujours et sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses mais leur scintillement à nettement diminué par rapport à l’âge d’or de la production culturelle «tangible ». Les stars d’aujourd’hui ne sont plus obligées d’être sur contrat pour être célèbre, cela en grande partie du fait que les moyens de production et de diffusion de la culture se sont drastiquement démocratisés à tel point qu’ils sont accessibles à tout ceux qui possèdent un ordinateur avec une connexion internet (le nombre d’internautes en 2014 est d’environ 2,9 milliards soit environ 40 % de la population mondiale).

Ce qui fait le «buzz » sur internet, que ce soit l’identité d’une personne ou une image, est dépendante des plates-formes sur laquelle elle naît et évolue. Malgré le très grand nombre de connexions possibles entre les gens, tout le monde ne peut être connecté avec tout le monde, et peu de gens le souhaite d’ailleurs. Les gens se connectent ensemble et interagissent entre eux dans le but de se rapprocher de ceux qui leur ressemblent, et qui peuvent potentiellement servir leurs objectifs communs, généralement autour d’un centre d’intérêt ou d’une pratique qu’ils partagent, des connaissances établies sur un sujet pour lequel ils souhaitent étendre le champs ou une culture commune qu’il souhaitent entretenir. De là naissent les communautés et les cultures de niches. Ces cultures de niches se sont démultipliées, et surtout sont devenues plus accessibles, moins underground grâce à nos outils de communications.

Le quart d’heure de célébrité semble également s’écourter de plus en plus. Internet est le lieu où personne ne se coupe la parole, mais où le temps d’écoute de la masse est aussi long que l’orientation d’une girouette dans la même direction.

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